LIMEN

Dans le silence des formes naturelles se cache un monde en transition, suspendu entre le tangible et l'imaginaire. Limen représente cet espace liminal, un seuil qui sépare et unit à la fois la réalité visible de celle que nous percevons. Dans ces images, fleurs et plantes se transforment en objets essentiels, réduits à leurs lignes, à leurs volumes. Le noir et blanc élimine le superflu, réduisant les images à des sensations. Chaque élément botanique de Limen semble flotter dans une dimension indéfinie, entre l'apparence concrète et l'essence abstraite des choses.

Cet espace liminal est à la fois une frontière personnelle et sociale, redéfinie par la technologie et l'intelligence artificielle

Car désormais, ce seuil s'élargit pour inclure la machine qui réélabore mes images, les transforme sans parler, sans penser. La technologie devient un collaborateur/adversaire capable de réinterpréter, de déformer et de recréer les visions que j'ai façonnées, ouvrant ainsi la porte à une nouvelle interaction avec mon travail, un léger déplacement de mon point de vue.

Comment vais-je interagir avec un futur où la technologie évolue plus vite que mes pas? Comment concilier le rythme humain avec celui des algorithmes? L'IA fait partie de ce seuil qui redéfinit non seulement notre rapport à l'image, mais aussi à nous-mêmes, à notre société. Dans Limen, j'ai cherché à entrer en contact avec un moment de suspension, un instant où l'esthétique de la nature, de l'être humain et de la machine entrent en contact. Un espace où l'essence même de l'image se transforme, réinterprétée par la main invisible, dénuée d'intention, de la technologie.